Baisse de la natalité en France: les causes et les solutions

Cela fait désormais plus d’une décennie que, dans les pays du Nord et les territoires suffisamment impactés par l’industrialisation, la corrélation s’ajuste à la baisse de la natalité, y compris pour la France.
Ce qui signifie qu’on compte plus de décès que de naissances par an dans le pays.
Cette évolution s’explique par des raisons sociologiques et démographiques, issues de données de longues séries en France métropolitaine.
Les dernières fois où nous avons été confrontés à une situation similaire, c’était durant les périodes de guerre, où les hommes furent mobilisés au front, ce qui a, dans les faits, évité aux femmes de s’accoupler, tout en les faisant succomber aux décès de leurs proches à la guerre (soit 1,5 million de décès par an durant la Première Guerre mondiale).
Cette baisse de natalité ne devrait tout de même pas être comparée à la population de la France métropolitaine, qui peut ne pas refléter cette tendance, puisqu’il y a autant de baisse de la population innée que d’arrivées sur le sol français par le biais de l’immigration.

Cette comparaison peut se faire avec les départements de l’outre-mer lorsqu’on assiste pas à une vague d’arrivée, la population baisse sur une comparaison d’une décennie. 

Gérard François Dumont le démontre par le tableau qu’il a réalisé. 

Le tableau dans sa réflexion démontre qu’en 2025, la France a compté 9.2 naissances pour 1.000 habitants. Ce qui place d’une part la France comme étant l’un des pays où la natalité en nombre demeure le plus bas mais elle atteint aussi son triste record où elle reste moins performante depuis les 125 dernières années.

Cette baisse de la natalité dépend d’un facteur clé, outre le fait d’être en capacité de procréer pour la femme (pour l’homme ne pas être stérile); cela lie davantage la nuptialité.

Nous avons la génération, en France, où le pourcentage de personnes en couple reste le plus bas par rapport aux générations précédentes. La biologie aussi freine cela pour les femmes les plus âgées à l’approche de la ménopause. L’espoir de procréer est donc dans les mains des nouvelles générations. 

L’évolution de la société explique également cette baisse de natalité : en France, une femme accouche désormais en moyenne de son premier enfant à 31,2 ans, contre environ 29 ans au début des années 2000. S’ajoutent à cela des facteurs économiques majeurs : anticiper la venue d’un enfant, dont le coût moyen est estimé entre 150 000 et 250 000 euros jusqu’à ses 18 ans (soit environ 860 euros par mois hors logement), tandis que dans le même temps, le prix de la vie ne cesse d’augmenter (vie publique). 

Ici, dans ce graphique 

 

Le graphique montre que la baisse de la fécondité est étroitement liée au report de l’âge à la maternité. Alors que les femmes devenaient mères plus jeunes jusqu’au début des années 1980, l’âge moyen à la maternité augmente ensuite régulièrement pour atteindre environ 31 ans autour de 2020. Ce phénomène s’explique par l’allongement des études, l’entrée plus tardive dans la vie professionnelle, les difficultés d’accès au logement et l’augmentation du coût de la vie. En ayant leur premier enfant plus tard, les femmes disposent également de moins de temps pour agrandir leur famille, ce qui peut contribuer à réduire le nombre moyen d’enfants par femme. 

Face à ce consta, plusieurs solutions sont envisagées pour relancer la natalité, à la fois en France et à l'échelle européenne. Le consensus qui se dégage des études récentes est clair : aucune mesure isolée ne suffira, mais une combinaison de leviers structurels peut créer un environnement plus favorable à la parentalité.

La proposition la plus marquante est le versement familial universel : une aide de 200 à 250 euros par mois et par enfant, versée dès le premier enfant, sans condition de ressources, jusqu'à ses 18 ou 20 ans. Ce dispositif remplace l'ensemble des aides actuelles, souvent jugées illisibles et fragmentées, pour créer un « choc de simplification ». L'investissement est estimé à environ 10 milliards d'euros par an.

Bruno Retailleau propose pour sa part un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, pouvant atteindre près de 1 000 euros dès le troisième.

Attal, lui, propose de défiscaliser les pensions alimentaires pour le parent qui les perçoit (elles sont actuellement imposables pour le destinataire et déductibles pour l'émetteur), pour un coût estimé à un milliard d'euros ;

Créer un « droit effectif au répit » pour les parents isolés, avec des temps de garde et de relais en soirée, le week-end ou dans l'urgence, en lien avec les CAF et les collectivités ;

Créer une carte famille monoparentale ouvrant des avantages sur les transports, les loisirs, la culture et les vacances, et facilitant l'accès à certains services publics.

 

Sur le plan fiscal, le Sénat suggère d'instaurer une demi-part fiscale supplémentaire dès le deuxième enfant, et l'Ifrap propose d'ouvrir une part fiscale entière dès le premier enfant, ce qui réduirait l'impôt de 632 euros par an pour un couple au salaire médian avec un enfant.

Emmanuel Macron a annoncé un grand plan contre l'infertilité, incluant des bilans de fertilité remboursés à 29 ans, la création de centres d'assistance médicale à la procréation (AMP) et le financement de la recherche. La ministre Catherine Vautrin a présenté un plan global axé sur la prévention, le diagnostic et l'accès aux soins.

Il faut ainsi réquilibrer la responsabilité parentale. Le rapport propose de rendre le congé de paternité obligatoire (incompressible) pendant au moins deux semaines après la naissance, afin de mieux répartir les responsabilités dès les premiers jours. La place des enfants dans l'espace public est également interrogée, avec l'aménagement d'espaces adaptés dans les trains et la proposition d'interdire les zones « No Kids »

Ce que disent les comparaisons européennes

Les pays qui réussissent le mieux à maintenir leur fécondité comme la Suède combinent plusieurs facteurs. Ici, on pense à son pourcentage suffisant du PIB qui est consacré à la politique familiale, aux modes de garde abordables et accessibles, une flexibilité dans l'organisation du travail, et un faible coût du logement dans le budget des ménages. À l'inverse, les politiques purement incitatives par primes comme en Hongrie ou en Italie n'ont pas relancé durablement les naissances : elles permettent surtout d'anticiper une naissance prévue, sans en augmenter le nombre final.

Le constat des experts est unanime : il n'existe pas de « mesure magique ». Les politiques natalistes fondées sur des slogans ou des primes ponctuelles ont un effet marginal — environ 0,15 enfant par femme selon les études économétriques sur la période 1945-1985. Ce qui fonctionne, c'est un environnement global et stable : pouvoir travailler, se loger, faire garder ses enfants et conserver une trajectoire de vie stable. La clé n'est pas de pousser à faire des enfants, mais de lever les obstacles qui empêchent de réaliser le désir d'enfant.